Le rapport d’activité 2024

A propos de la gestion du fonds

  • Composition du Comité de gestion

Lors de la réunion du Comité de gestion du 14 septembre 2023, Emmanuël Bonami (Président – CNE) et Stéphane Piron (Secrétaire – SETCa) ont cédé leur mandat respectivement à Marc Scius et Rudy Pirquet. Le Comité de gestion a ensuite désigné Grégory Bueken (FEAS) Président, Maximilien Herry (CGSP) Vice-président, Marc Scius (CSC) Trésorier et Françoise Havelange (FEAS) Secrétaire.

Les autres mandats sont reconduits, à savoir ceux de Dominik Roland (CGSLB), Vinciane Convens (CNE), Joëlle Keppenne (FEAS) et France Morin (FEAS).

La mandature de 4 ans se termine en mai 2026.

  • Le Comité de gestion s’est réuni à 10 reprises au cours de l’année 2024, aux dates suivantes
    • 11 janvier 2024
    • 8 février 2024
    • 14 mars 2024
    • 8 avril 2024
    • 16 mai 2024
    • 13 juin 2024
    • 20 septembre 2024
    • 15 octobre 2024
    • 14 novembre 2024
  • Les lignes de force de 2024 et le nombre de bénéficiaires en croissance importante

En 2024, les actions du Fonds ont continué à gagner en notoriété. On observe une nette croissance du nombre d’opérateurs ayant introduit une demande : 19 pour les formations spécialisées et 2 pour les formations sectorielles.

Cette évolution peut s’expliquer par la visibilité grandissante du Fonds. Celui-ci a débuté ses activités fin 2019 et, même si son image reste à consolider, sa reconnaissance auprès des travailleur·euse·s comme des opérateurs de formation s’est nettement renforcée. Si les formations sectorielles proposées par les fédérations professionnelles progressent encore lentement, ce sont les formations spécialisées qui connaissent une forte accélération, triplant en nombre. Cet élément est particulièrement significatif, car les contacts proviennent majoritairement d’initiatives spontanées des opérateurs eux‑mêmes, souvent encouragés par la demande de personnes intéressées par ces formations.

Les accompagnements d’équipe en intelligence collective ont également connu un essor important en 2024, avec 14 structures accompagnées, représentant un total de 100 personnes. Cela témoigne d’un besoin réel au sein du secteur, notamment autour de questions de gouvernance. Les demandes proviennent autant de grandes structures que de compagnies plus petites, illustrant l’intérêt transversal pour ces démarches.

  • Le bilan comptable du Fonds

Les comptes annuels 2024 ont été contrôlés par le réviseur d’entreprises sur la base du référentiel comptable applicable en Belgique. Le total du bilan s’élève à 948.238,19 €, et le compte de résultats se clôture au 31 décembre 2024 par une perte d’exercice de 68.189,41 €.

Cette perte, considérablement plus importante que les années précédentes, s’explique notamment par le coût des accompagnements d’équipe, dont le budget a plus que triplé en 2024. S’y ajoute également une aide exceptionnelle de 25.000 € accordée au projet Docketers, venant s’ajouter aux actions « normales » du Fonds.

Il est à noter que la dotation ONSS relative à l’exercice 2024 s’élève à 207.451,34 €.

Soulignons également le retour des intérêts bancaires, un élément loin d’être anodin compte tenu de l’importance de la trésorerie du Fonds.

A propos des actions du fonds

  • Les conditions au soutien du Fonds

Depuis le lancement de sa première action en octobre 2019, le Fonds a conservé les mêmes conditions d’accès au soutien financier qu’il accorde.

Notons également que le soutien du Fonds est accordé une seule fois par année civile, la date de la demande faisant foi.

Indépendamment du soutien à des projets individuels, le Fonds peut également soutenir des accompagnements collectifs, également à raison d’un projet par an. C’est ici l’ancrage de la structure en Commission paritaire 304 francophone qui est mesuré, sans qu’il soit tenu compte des situations individuelles. Ainsi, des administrateur·rice·s, membres fondateur·rice·s ou collaborateur·rice·s épisodiques peuvent-ils·elles aussi participer à ces accompagnements collectifs.

  • Les formations générales et le catalogue Formaction

Le Comité de gestion du Fonds a poursuivi en 2024 la mise à disposition du secteur d’une sélection de modules issus du catalogue Formaction, né de la fusion des catalogues de FeBi et de l’APEF (Formapef). Bien connu dans les autres secteurs du non‑marchand francophone — où se situe d’ailleurs le Fonds au sein de l’APEF — le catalogue Formaction propose plus de 400 formations.

Parmi celles‑ci, le Comité de gestion du Fonds 304 a retenu une centaine de modules accessibles aux travailleur·euse·s des arts du spectacle, en privilégiant les thématiques de la santé et de la sécurité au travail ainsi que celles liées aux relations internes au sein des équipes. Le reste du catalogue reste accessible aux travailleur·euse·s des arts de la scène moyennant une contribution financière.

Cette action a connu en 2024 un regain d’intérêt, bien que celui‑ci demeure relatif par rapport à d’autres secteurs :

– 13 personnes ont effectivement bénéficié de ces formations, contre seulement 2 travailleur·euse·s en 2023.

– 37 inscriptions ont toutefois été enregistrées soir une évolution de +48%.

Le décalage entre inscriptions et participations s’explique en partie par le succès du catalogue dans les autres secteurs, de nombreuses formations affichant rapidement complet. Le secteur des arts de la scène n’a, par ailleurs, pas encore la culture de s’inscrire dès l’ouverture du catalogue, ce qui réduit les chances d’obtenir une place.

En 2024, les thématiques les plus sollicitées ont été :

– le secourisme (à plus de 50 %) ;

– la gestion d’équipe (+ de 15%)

– les formations en bureautique (13%)

  • Les formations sectorielles

Le plan d’action du Fonds prévoit un important volet dédié aux formations sectorielles, c’est‑à‑dire des formations conçues par le secteur lui-même et, plus particulièrement, par les Fédérations Professionnelles Représentatives (ex‑ORUA). Un appel annuel à propositions est lancé depuis septembre 2019.

En 2024, comme en 2023, le nombre de formations sectorielles labellisées s’élevait à 9.

Seuls l’ATPS et Aires Libres ont déposé des demandes de labellisation. L’ATPS a proposé 7 formations destinées aux technicien·ne·s, tandis qu’Aires Libres en a présenté 2 au bénéfice des artistes circassien·ne·s. Au total, 47 personnes en ont bénéficié en 2024, un chiffre stable par rapport à 2023, malgré une communication renforcée auprès des fédérations.

Ces deux fédérations semblaient jusqu’ici être les seules à soumettre régulièrement une offre, mais l’appel lancé en novembre 2024 pour l’exercice 2025 a rencontré un succès inattendu : 18 formations ont été retenues, émanant de 6 fédérations différentes.

Les formations proposées en 2024 accueillaient entre 6 et une quinzaine de participant·e·s. En moyenne, un peu plus de 5 personnes par formation ont bénéficié du soutien du Fonds. Il apparaît clairement que, sans ce soutien, ces formations n’auraient pas pu être mises en place par les fédérations. Elles profitent également à d’autres travailleur·euse·s du secteur : certain·e·s financent eux·elles‑mêmes leurs frais d’inscription, et des salarié·e·s du secteur socioculturel y ont également participé, bénéficiant, dans leur cas, du soutien de leur propre Fonds social.

Ce programme a mobilisé un budget de 16.656 €, en léger recul, au bénéfice de 26 femmes et 21 hommes — un renversement de la tendance observée les années précédentes. Le financement moyen s’élève à 354 € par personne et par formation, soit exactement le même montant que l’année passée. Parmi les participant·e·s, 9 étaient employé·e·s dans une structure relevant de la CP 304 (soit une diminution de 50 %) et 38 étaient des intermittent·e·s, un chiffre inchangé.

  • Les formations spécialisées

Le plan d’action comporte un volet destiné à doter les travailleur·euse·s d’« une corde de plus à leur arc ».

Il s’agit de formations proposées par des opérateurs issus de divers horizons, dont les contenus visent à renforcer les compétences et connaissances des travailleur·euse·s des trois métiers du secteur : artistes, technicien·ne·s et administratif·ve·s.

Ce volet est celui qui a connu la croissance la plus spectaculaire. Le Comité de gestion a en effet labellisé 29 formations (contre 16 en 2023), émanant de 16 opérateurs (12 en 2023). En 2024, 154 personnes (126 en 2023) ont bénéficié de ce dispositif, pour un montant total de 62.838 € (46.860 € en 2023).

La répartition de genre fait apparaître 121 femmes pour 33 hommes, un déséquilibre qui s’accentue légèrement. On observe également 31 salarié·e·s pour 123 intermittent·e·s, un écart qui, lui aussi, se creuse.

  • Les accompagnements d’équipe à la gouvernance

Le volet « Travailler en collectif », destiné à soutenir les structures et équipes souhaitant bénéficier d’un accompagnement en intelligence collective, a profité à quatorze équipes en 2024. Il s’agit d’une progression spectaculaire par rapport à 2023, où seules six équipes avaient été accompagnées, soit une augmentation d’environ 150 %. En termes de participation, cela représente environ 100 personnes en 2024.

Les équipes ont pu choisir parmi les offres élaborées spécifiquement pour le secteur par une douzaine d’opérateurs, dans le cadre d’un large appel d’offres. Outre la thématique centrale de la gouvernance, les opérateurs proposaient également des accompagnements pour l’élaboration d’une charte éthique.

Le soutien du Fonds a été plafonné à 3.000 € par structure, comme l’année précédente. En 2024, un montant total de 38.040 € a été consacré à ce dispositif, en nette hausse par rapport à 2023, où le budget investi se situait autour de 11.560 €. Cette augmentation suit logiquement la forte hausse du nombre d’équipes accompagnées.

  • Le bilan de compétences

Le Comité de gestion a également pris la décision de lancer en 2021 l’action Bilan de compétences (transversale à l’Apef).

En 2024, 8 travailleur·euse·s ont bénéficié de cet outil (contre 7 en 2023).

Parmi ces personnes, 6 occupaient des fonctions administratives, 1 était artiste et 1 régisseuse.
On observe une nette différence entre les femmes et les hommes : 7 femmes pour 1 homme.

Concernant leur statut, 3 étaient demandeur·euse·s d’emploi ou assimilé·e·s, et 5 étaient salarié·e·s.
L’ancienneté moyenne était de 10 ans d’expérience.

Le montant total consacré à cette action s’élève à 10.135,48 €.

  • Prévention des risques psychosociaux

Le Fonds avait bénéficié en 2020 d’une subvention de 24.000€ dans le cadre de l’appel lancé par le CNT pour des projets de prévention du burn out. Cette action menée au niveau de l’APEF, prolongée sur base des moyens des Fonds, a fait place en 2023 à un projet plus large de prévention des risques psychosociaux, financé par un subside du SPF. Une structure du secteur a ainsi vécu un accompagnement.

Enfin, toujours dans le cadre de ce projet, le Fonds a travaillé avec le CERSO à l’élaboration d’un questionnaire spécifique aux arts de la scène dans le but de réaliser une analyse des risques psychosociaux sectorielle. Une enquête par questionnaire s’est déroulée auprès des travailleur·euse·s du secteur des arts du spectacle au cours du printemps 2024.  Au total, 281 réponses complètes ont été récoltées. Ce qui représente environ 2,5% de la population réelle selon l’ONSS (en prenant, comme population de référence, le nombre de travailleur·euse·s occupé·e·s durant le dernier trimestre de l’année 2021). Une analyse des résultats a été produite par le CeRSO en octobre 2024. Elle est disponible sur le site du fonds de même qu’une synthèse de cette analyse.

  • Les dispositifs Competentia et Parcours professionnel

Le Fonds 304 a mis à disposition du secteur le dispositif Competentia, un service d’appui à la gestion des compétences pour les responsables d’équipe, et son pendant dédié aux travailleur·euse·s, Parcours professionnel. Le premier propose un site internet, un service-conseil de première ligne ainsi que des ateliers. En 2024, ce dispositif restait très peu utilisé par le secteur.

  • Un outil statistique : lemonmarchand.be

Le secteur des arts de la scène occupe une place à part et est complexe même pour qui y évolue. La typologie de l’emploi y est fortement différente que dans des secteurs plus conventionnels, et rares sont les données disponibles pour illustrer sa situation. C’est sûrement une des raisons qui ont mené le Comité de gestion à entreprendre, via le CERSO, une étude statistique sur le secteur et son emploi. Ce travail a été actualisé durant l’année 2024, avec la prise en compte des chiffres de l’emploi pour les années 2020 et 2021.

Ce travail statistique reste unique à ce jour malgré les déclarations d’intention, notamment de la Communauté française, qui avait évoqué le projet de réaliser une photographie de l’emploi culturel et artistique en Fédération Wallonie-Bruxelles avec l’appui de l’Observatoire des Politiques Culturelles.

L’étude lenonmarchand.be est disponible dans son intégralité sur le site web du Fonds.

  • La communication vers les bénéficiaires et l’identité du Fonds

En 2024, la communication du Fonds continue de s’appuyer sur ses outils principaux, qui permettent de diffuser l’ensemble des informations utiles aux travailleur·euse·s et aux structures du secteur.

Le site internet reste le canal central : il regroupe les dispositifs, les formations mises en ligne tout au long de l’année, les documents de référence ainsi qu’une information complète sur les missions du Fonds. Rédigé intégralement en écriture inclusive, il comporte également un spot vidéo de présentation d’une minute trente disponible sur la page d’accueil.

Les informations pratiques, actualités et mises à jour des dispositifs sont systématiquement publiées sur le site, tandis qu’une adresse mail dédiée permet de répondre aux demandes et d’orienter les bénéficiaires potentiel·le·s.

La présence du Fonds sur les réseaux sociaux se poursuit via sa page Facebook, qui rassemble environ 500 personnes fin 2023 et reste un relais utile pour diffuser les annonces et les rappels importants.

En complément, la newsletter a de nouveau été publiée tout au long de l’année 2024 et constitue un canal direct pour toucher les travailleur·euse·s du secteur.

Enfin, la chaîne YouTube du Fonds demeure active et continue d’héberger les vidéos d’information, notamment celles consacrées à la réforme du statut du travail dans les arts.

  • Une réflexion sur les métiers en pénurie

La sortie du Covid s’est réalisée avec un impact significatif sur le métier de technicien·ne. Les difficultés de recrutement sont manifestes, une partie significative de la profession l’ayant quittée. Le Comité de gestion du Fonds a initié une réflexion sur la revalorisation du métier, et sur la nécessité de faire face à l’enjeu de taille que représente le passage à la technologie LED, celle-ci nécessitant l’organisation de formations qui tardent à être mises sur pied.

Cette réflexion trouve un écho auprès de l’APEF qui s’est fixé comme priorité le dossier des métiers en pénurie. Des actions devraient naître sur ce volet en 2025.

  • La plateforme Dockers

En 2024, le Fonds a poursuivi son engagement aux côtés de la plateforme Dockers, un outil de gestion administrative et d’aide aux droits sociaux qui s’est révélée indispensable pour plusieurs centaines de travailleur·euse·s des secteurs artistiques. Après un premier apport de 50.000 €, le Fonds a été sollicité une nouvelle fois et a accordé en 2024 un soutien complémentaire de 25.000 €, afin de contribuer à la continuité de cet outil devenu essentiel pour de nombreuses personnes.

Dans ce contexte, le Fonds a non seulement examiné la possibilité d’apporter un nouveau soutien financier ponctuel, mais également analysé le rôle qu’il pourrait jouer dans la recherche de partenaires durables susceptibles de contribuer à l’équilibre structurel de Dockers.

  • Signature du Memorandum de lutte contre les violences sexistes et sexuelles

En 2024, le Fonds a fait partie des signataires d’un mémorandum de lutte contre les violences sexistes et sexuelles. À l’initiative de plusieurs organisations et fédérations du secteur culturel, ce mémorandum visait à interpeller les futurs cabinets et représentant·e·s en charge de la Culture en FWB.

  • L’élaboration d’un nouveau plan d’action

Un important travail d’élaboration du nouveau plan d’action a été mené par le comité de gestion, notamment grâce à l’accompagnement de Marie‑Caroline Collard (Kunvivo). Si la phase finale d’arbitrage entre les différentes actions reste à réaliser, la priorité majeure — l’objectivation du processus de sélection des formations — est désormais entièrement finalisée et opérationnelle. Il est en ligne sur le ite du fond 304.

Les bilan et comptes de résultat 2024